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 Préambule épistémologique 

Savoir, Devoir, vous êtes donc suspects ? »
                                                                                    PaulValéry

          Cette citation de Paul Valéry, tirée de Regards sur le monde actuel – celui de 1919, résonne comme un avertissement profond : le savoir et le devoir, en eux-mêmes, ne garantissent ni la sagesse ni la justice. L’histoire nous a montré — « de nos yeux », comme le dit Valéry — que les compétences les plus rigoureuses, les esprits les mieux formés, peuvent servir des projets monstrueux lorsqu’ils sont déconnectés d’une éthique vivante, d’une responsabilité enracinée dans le respect de la vie et de la complexité du monde.

Où en sommes-nous ?

     Il convient de poser un préambule épistémologique en termes de constat et de point de départ de la réflexion. Ce préambule se veut didactique, dialogique, discursif et réflexif. Il s'agit moins de dresser un inventaire que de provoquer un questionnement radical sur ce que notre civilisation a fait de ses propres outils de connaissance.

1. La Triangulation Épistémologique

     Pour penser juste, il faut d'abord nommer juste. La crise actuelle provient d'une confusion mortelle entre trois registres que notre modernité a fusionnés :


     •    Le Savoir : C'est la capacité de voir ce qui est réellement, naturellement, sans emphase ni artifice : l'appréhension des choses telles qu'elles sont, de façon onto-écologique, dans leur interdépendance. Le savoir est une présence au monde.


     •    La Connaissance : C'est ce qui s'acquiert par l'expérience humaine, après la naissance. C'est une œuvre collective, tissée par l'intelligence collective (le tissu des interactions entre consciences) et partagée communément. Elle est indissociable de notre condition d'êtres de conscience.


     •    La Science : Elle n'est pas la vérité absolue, mais un savoir particulier. Elle est à la fois une méthode et le résultat de cette méthode : un méthodologisme.


     Le drame de notre époque est d'avoir fait de la Science (l'outil méthodologique) l'alpha et l'oméga du Savoir. Or, « la science ne peut justifier la science ». Elle exige un cadre supérieur d'intelligibilité, de sens et de responsabilité : une véritable philosophie scientifique.

2.La réhabilitation de l'épistémologie

La science classique, par son dogme rationalo-positiviste, a tué l'épistémologie. Elle a cru pouvoir s'affranchir de toute interrogation sur les limites de la mesure et du raisonnement.


Mais il existe une autre science, non classique : la science quantique. Celle-ci a radicalement réhabilité l'épistémologie en démontrant mathématiquement et physiquement les limites intrinsèques de la connaissance et de l'action (principe d'incertitude, intrication, rôle de l'observateur). Cette science moderne rejoint la sagesse de Blaise Pascal. Elle fonde notre culture pascalo-quantique : une épistémologie qui impose la prudence et la responsabilité au cœur même du processus cognitif.
 

Savoir : c'est quoi ?

     Savoir c’est quoi ? Réellement comprendre en termes d'entendement de bonne et saine intelligence : ou en termes de manipulation ? Savoir, c'est voir ce qui est, un « étant onto-écologique », et non ce que certains, désireux de se rendre maître et possesseur : voudraient que nous voyions.
     La réalité n’intéresse pas la science rationaliste, car ses tenants et aboutissants ploutocrato-technoscientistes – affairistes,  entendent créer leur propre réalité dystopique et archaïque pour régner !
     De tout temps, l'humain s'est interrogé sur son savoir et ses conséquences et, même avec le dogme religieux. Encore qu'il fasse un retour en force du plus radical. Avec le dogme scientisme et technoscientisme – nous poussons la science et la technoscience à leur paroxysme et,  il semblerait alors qu'il y ait une totale impossibilité d’introspection. L'épistémologie est renvoyée au calendes grecques et aux oubliettes de l'histoire. La science est alors devenue générique de savoir et du savoir et : au diable l'ontologie, la déontologie, l'éthique et l'altérité. Tout simplement au diable la philosophie.

Que sont les choses devenues ?

     Que sont les mots devenus ? Des MAUX ! Ceux du rationalisme cartésien et du positivisme comtien. Nous les avons pervertis par la novlangue de la dystopie.

     Que sont les nombres devenus ? Des aberrations ! Celles des algorithmes manipulant individus et sociétés, celles des exponentielles du diabolique humain.

     Que sont les finalités devenues ? Des externalités ! Nous sommes en pleine confusion de la fin et du moyen. Pire : seul subsiste le moyen mis en œuvre, devenu autonome. La finalité (le sens, l'éthique) est comptabilisée comme un coût, un passif.

     Et comme le veut la logique implacable de cette méthodologie : "partage des profits et socialisation des pertes"; les profits sont privatisés, les pertes (écologiques, sociales, temporelles) sont socialisées et externalisées vers les générations futures et la biosphère.

Les six dénis

                Errare humanum est,  perseverare diabolicum. 

Il semblerait que nous ayons invité le diable en personne au banquet de la cognition. 

     Nous vivons sous six dénis fondamentaux, dus à notre méthodologisme rationalo-positiviste. 


     1.    Déni de temporalité par fuite en avant technoscientiste.
     2.    Déni d'Humanité par un anthropocentrisme avide et cupide.

     3.    Déni de Nature et d'états de nature par une culture hors sol dystopique . 
     4.    Déni de complexité par un simplisme intenable car délétère et mortifère.

     5.    Dénis de complémentarité par refus  des contraintes onto-écologiques  
     6.    Déni de responsabilité par cupidité et volonté de domination.


     C'est un comble, avec autant de savoir, de vivre dans autant de dénis. C'est que nous savons et connaissons mal ! C'est ici que se justifie la révolution ODEA. Pourquoi une telle révolution ?             Parce que, rationalisme et positivisme oblige, syndrome "ismique" oblige, tout se passe aujourd'hui comme s'il n'y avait plus de réflexion avant l'action. Réintroduire la réflexion avant l'action, c'est réintroduire l'ontologie, la déontologie, l'éthique et l'altérité au cœur du processus cognitif.
         

                   Parce que nous ne sommes pas dans la cognition, mais dans la division.

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